Quiz philosophie et bonheur : 8 questions sur ce qu’ont vraiment dit les philosophes

Philosophe
6 min de lecture · Quiz : 4 min

Épicure, Confucius, Schopenhauer : ce quiz philosophie et bonheur en huit questions départage ce qu’ils ont vraiment dit de ce qu’on leur fait dire.

Le bonheur est sans doute la question la plus vieille de la philosophie, et sûrement la plus déformée. « Épicurien » désigne aujourd’hui à peu près l’inverse de ce que prônait Épicure. Le « plus grand bonheur du plus grand nombre » sonne généreux jusqu’au moment où l’on regarde ce qu’il autorise.

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0 / 8 questions
Question 1 sur 8
Pour Épicure, le bonheur repose avant tout sur :
Question 2 sur 8
Il y a environ deux mille cinq cents ans, Confucius place au centre de sa pensée la notion de « ren ». On la traduit le plus souvent par :
Question 3 sur 8
En 2020, pour ses 85 ans, le Dalaï-Lama a publié un album de mantras mis en musique. Son morceau phare porte le nom d’une notion centrale du bouddhisme. Laquelle ?
Question 4 sur 8
Selon une légende rapportée par l’historien chinois Sima Qian, à quoi Confucius aurait-il comparé Lao-Tseu après leur rencontre ?
Question 5 sur 8
Laquelle de ces vertus ne fait pas partie des quatre vertus cardinales héritées de la philosophie grecque ?
Question 6 sur 8
« Le plus grand bonheur du plus grand nombre. » Cette formule est le principe fondateur de :
Question 7 sur 8
Selon l’hédonisme, le but suprême de l’existence est :
Question 8 sur 8
Pour quel philosophe la quête du bonheur est-elle vaine, parce que le désir renaît toujours dès qu’il est satisfait ?

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Trois réponses incompatibles à la même question

Ce quiz met face à face trois façons de penser le bonheur, et elles ne se concilient pas.

La voie de la réduction. Épicure, puis les stoïciens : le trouble vient du désir, donc on travaille sur le désir plutôt que sur le monde. Moins de besoins, moins de dépendance, plus de tranquillité. C’est exigeant, et c’est la seule des trois qui ne dépend de personne d’autre que vous.

La voie du calcul. Bentham et les utilitaristes : le bonheur est une quantité, on l’additionne, on choisit ce qui en produit le plus. Séduisant pour une politique publique, glaçant dès qu’on demande qui paie l’addition.

Le contresens le plus répandu

« Épicurien » évoque aujourd’hui le bon vivant qui ne se refuse rien. Épicure vivait de pain, d’eau et de fromage, et considérait qu’un désir qu’on ne peut pas satisfaire durablement est un désir à écarter. Le mot a fini par signifier le contraire de la doctrine.

La voie du renoncement. Schopenhauer : la quête elle-même est le piège, puisque chaque désir satisfait libère la place pour le suivant. Reste l’art, la compassion, le détachement. Le plus pessimiste des trois est aussi celui qui décrit le mieux nos dimanches soir.

Ce que la recherche moderne en a retenu

La psychologie positive, née bien plus tard, a validé expérimentalement une partie de ces intuitions. L’idée qu’on s’habitue à ce qu’on obtient rejoint directement l’analyse de Schopenhauer. Celle qu’un plaisir simple et répété pèse plus lourd qu’un grand plaisir rare donne raison à Épicure.

Notre guide de la psychologie positive reprend ce fil du côté des études, et notre dossier sur le bonheur fait le tri entre ce qui est établi et ce qui relève encore de la conviction personnelle.

Non. Les huit questions portent sur des notions largement connues hors des cours, et chaque réponse est expliquée aussitôt. Beaucoup de gens apprennent l’essentiel du sujet en se trompant sur trois questions.
C’est la confusion la plus fréquente. L’hédonisme fait du plaisir le but suprême. Épicure, lui, cherchait la tranquillité et recommandait de réduire ses désirs pour l’atteindre. Le sens courant du mot « épicurien » dit donc à peu près le contraire de ce que pensait Épicure.
Pas du tout, et c’est ce qui rend le sujet intéressant. Pour Épicure il s’agit d’absence de trouble, pour Bentham d’une somme à maximiser, pour Schopenhauer d’une illusion à laquelle il vaut mieux renoncer. Trois réponses incompatibles, toutes solidement argumentées.
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Sources
  1. Épicure. IIIe siècle av. J.-C. Lettre à Ménécée.
  2. Confucius. Ve siècle av. J.-C. Entretiens (Lunyu).
  3. Platon. IVe siècle av. J.-C. La République, livre IV.
  4. Sima Qian. Vers 91 av. J.-C. Mémoires historiques (Shiji), chapitre 63.
  5. Bentham, Jeremy. 1789. An Introduction to the Principles of Morals and Legislation. Londres.
  6. Schopenhauer, Arthur. 1851. Parerga et Paralipomena. Berlin.

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