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Bonheur : pourquoi on court après, et ce qui marche vraiment

Bonheur : femme sereine dans un parc ensoleillé, ce qui marche vraiment
⏱ Temps de lecture : 9 min

Vous tapez le mot « bonheur » un dimanche soir, sans savoir vraiment ce que vous espérez trouver. Une définition, une méthode, ou la confirmation que vous n’êtes pas le seul à trouver ça compliqué.

Le bonheur désigne un état de satisfaction durable envers sa propre vie, nourri par des émotions agréables fréquentes, un sentiment de sens et des relations solides. Les chercheurs l’appellent le bien-être subjectif. Il se mesure, il s’étudie depuis cinquante ans, et une partie dépend réellement de ce que vous faites.

Nous abordons ce sujet parce qu’on vous vend le bonheur de deux façons également fausses. D’un côté les recettes miracles, de l’autre le fatalisme du « on naît heureux ou on ne l’est pas ». Dans cet article, nous donnons la définition du mot, ce que la science a démontré, ce qu’elle a corrigé depuis, les leviers qui marchent au quotidien, et les pièges de la quête elle-même.

Le bonheur, c’est quoi exactement ?

Le bonheur est un état de satisfaction global et durable envers sa propre existence. Il combine trois ingrédients mesurables : la fréquence des émotions agréables, la rareté des émotions pénibles, et le jugement que vous portez sur votre vie prise dans son ensemble.

📖 Définition
Bonheur
de l’ancien français heur, la chance, le sort, du latin augurium, le présage
État de satisfaction durable envers sa propre vie, associant des émotions agréables fréquentes, un sentiment de sens et des relations qui comptent. En psychologie, le terme technique est bien-être subjectif : ce que la personne déclare elle-même ressentir, mesuré par questionnaire.
L’étymologie dit quelque chose. Le mot vient de la chance : pendant des siècles, être heureux relevait du sort. La psychologie contemporaine a déplacé le curseur vers ce qui se construit.
Diener, Ed. Subjective well-being, 1984

Cette définition cache un choix méthodologique fort. Les chercheurs ont renoncé à décider de l’extérieur ce qui devrait rendre heureux, et demandent aux gens de s’évaluer eux-mêmes sur l’échelle de Cantril : une échelle de 0 à 10, sur laquelle vous placez votre vie.

Cette approche a fondé une discipline entière, la psychologie positive et ses sept piliers, lancée à la fin des années 1990 par Martin Seligman. Son pari : la psychologie a passé cinquante ans à étudier ce qui va mal, elle peut consacrer les cinquante suivantes à ce qui va bien.

Bonheur, plaisir, joie, bien-être : quelle différence ?

Le bonheur dure, le plaisir passe, la joie surgit. Le plaisir répond à un besoin et s’éteint une fois ce besoin comblé. La joie arrive par vagues courtes. Le bonheur se juge sur des mois ou des années.

Ces quatre mots s’emploient comme des synonymes, et la confusion coûte cher. Beaucoup cherchent du plaisir en croyant chercher du bonheur, puis s’étonnent que ça ne tienne pas.

Notion Durée Ce qui la déclenche Sa limite
Plaisir Minutes à heures La satisfaction d’un besoin S’épuise, demande une dose croissante
Joie Secondes à une journée Un événement heureux, une rencontre Ne se commande pas
Bien-être Des semaines Un équilibre corporel, mental et social Se casse avec la fatigue ou la maladie
Bonheur Des mois, des années Du sens, des liens, un accord avec sa vie Se juge après coup, jamais dans l’instant

Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire, propose une image utile dans Plaidoyer pour le bonheur (NiL, 2003). Le plaisir dépend de l’objet, du lieu et du moment. Le bonheur relève d’une manière d’être, donc il résiste bien mieux aux circonstances.

Le bonheur est-il génétique ?

La génétique explique une part importante des différences de bonheur entre les personnes, sans fixer aucun destin individuel. Le modèle le plus cité attribue 50 % de ces différences à l’hérédité, 10 % aux circonstances de vie et 40 % aux activités volontaires.

40 %
la part des différences de bonheur entre individus attribuée aux activités volontaires par le modèle de Sonja Lyubomirsky, contre 50 % à la génétique et 10 % aux circonstances.
Lyubomirsky, Sheldon et Schkade, Review of General Psychology, 2005

Ce « camembert du bonheur » a fait le tour du monde, et il a été sérieusement critiqué. En 2019, Kennon Sheldon et Sonja Lyubomirsky ont publié dans le Journal of Positive Psychology une révision de leur modèle, où ils donnent raison à leurs détracteurs sur plusieurs points.

🚨
L’erreur de lecture la plus répandue : ces pourcentages ne décrivent pas la composition de votre bonheur. Ils décrivent la part des différences entre les personnes expliquée par chaque facteur, au sein d’une population donnée. Personne ne possède 50 % de bonheur génétique.

Les trois parts s’influencent aussi en permanence. Vos gènes orientent les circonstances que vous rencontrez, les circonstances modifient les activités que vous choisissez, et vos activités finissent par changer vos circonstances. Le camembert découpait proprement ce qui se mélange dans la vraie vie.

Ils maintiennent en revanche la conclusion qui compte pour vous. Une part réelle du bonheur dépend de ce que vous faites, et cette part se travaille. C’est le mécanisme observé dans les bénéfices de l’optimisme sur la santé.




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Que dit la science sur le bonheur ?

Trois programmes dominent le champ. Le modèle PERMA de Martin Seligman décompose le bien-être en cinq éléments. L’étude de Harvard, la plus longue jamais menée, désigne la qualité des relations comme premier facteur. Mihaly Csikszentmihalyi identifie le flow comme l’état le plus satisfaisant qu’un humain puisse vivre.

La recherche distingue deux bonheurs, et la confusion entre les deux explique beaucoup de déceptions. Le bonheur hédonique mesure ce que vous ressentez, le plaisir et la satisfaction du moment. Le bonheur eudémonique mesure ce que vous réalisez, le sens et le développement de votre potentiel. Les deux termes remontent aux Grecs anciens, et la psychologie ne les a séparés qu’à partir des années 2000.

C’est la psychologue américaine Carol Ryff, professeure à l’université du Wisconsin-Madison, qui a ouvert cette voie. Dans les années 1980, elle constate que toute la recherche mesure le bonheur ressenti et néglige une question plus profonde : qu’est-ce qui constitue réellement une vie qui fonctionne bien ? Son modèle en six dimensions, publié en 1989, est aujourd’hui considéré comme un précurseur direct de la psychologie positive.

Ce que ça change pour vous : vous pouvez vous sentir bien sans progresser, et progresser sans vous sentir bien. Les six dimensions de Ryff servent de tableau de bord. Repérez celle où vous êtes le plus bas, c’est en général là que se joue votre inconfort du moment.

Les six dimensions du bien-être selon Carol Ryff

🧭 Autonomie

Décider par soi-même, résister à la pression sociale, s’évaluer selon ses propres critères plutôt que selon les attentes des autres.

Le signal quand elle manque : vous consultez tout le monde avant de trancher, et l’avis des autres pèse plus que le vôtre.

🛠️ Maîtrise de son environnement

Gérer son quotidien, saisir les occasions qui se présentent, façonner un cadre de vie qui vous corresponde vraiment.

Le signal quand elle manque : un sentiment d’impuissance, l’impression de subir sans pouvoir infléchir quoi que ce soit.

🌱 Croissance personnelle

Continuer d’apprendre, rester ouvert aux expériences nouvelles, sentir qu’on se développe encore.

Le signal quand elle manque : l’ennui et la stagnation, l’impression de tourner en rond depuis des années.

🤝 Relations positives

Des liens chaleureux et fiables, de l’empathie, la capacité à donner autant qu’à recevoir.

Le signal quand elle manque : peu de relations de confiance, une difficulté à s’ouvrir, l’isolement qui s’installe.

🎯 Sens de la vie

Avoir une direction, des objectifs, le sentiment que votre vie tient ensemble et va quelque part.

Le signal quand elle manque : la question « à quoi bon ? » qui revient sans trouver de réponse.

🪞 Acceptation de soi

Se connaître, s’accepter avec ses limites, poser un regard juste sur son passé sans le maquiller.

Le signal quand elle manque : l’insatisfaction permanente envers soi et le regret de ce qu’on n’est pas.

Deux de ces six dimensions relèvent directement du lien aux autres et à soi. C’est cohérent avec l’étude de Harvard, et c’est ce que nous détaillons dans nos articles sur la qualité de nos relations et sur l’auto-compassion.

Le modèle PERMA de Seligman et celui de Ryff ne s’opposent pas, ils se complètent. Seligman décrit ce qui compose une vie épanouie, Ryff décrit ce qui fait qu’une personne fonctionne bien. Le premier est plus opérationnel, le second plus diagnostique. Les utiliser ensemble donne une lecture plus fine que chacun pris isolément.

Seligman a publié ce modèle en 2011 dans Flourish. Il y renonce au mot « bonheur », qu’il juge trop flou, et lui préfère le flourishing, l’épanouissement. Cinq composantes, chacune mesurable séparément.

P
Positive emotion, les émotions agréables

La gratitude, la sérénité, l’espoir, la curiosité, la fierté. Elles se cultivent par des pratiques simples et répétées.

E
Engagement, l’absorption dans l’activité

L’état de flow décrit par Csikszentmihalyi, quand la difficulté de la tâche rencontre exactement votre niveau et que le temps disparaît.

R
Relationships, la qualité des liens

Le facteur le plus puissant de toutes les grandes études longitudinales. Se sentir soutenu pèse davantage que le nombre de relations.

M
Meaning, le sens

Appartenir à quelque chose de plus grand que soi et le servir : une cause, une famille, un métier qui compte au-delà du salaire.

A
Accomplishment, la maîtrise

Progresser et maîtriser quelque chose pour le plaisir de la progression, indépendamment de la récompense au bout.

L’étude de Harvard mérite qu’on s’y arrête. Le Harvard Study of Adult Development a démarré en 1938 avec 724 hommes, 268 étudiants de Harvard et 456 adolescents des quartiers pauvres de Boston. Elle suit aujourd’hui environ 2 500 personnes, conjointes et descendants compris.

724
participants suivis depuis 1938 par l’étude de Harvard sur le développement adulte, la plus longue recherche jamais menée sur le bonheur. Sa conclusion : la qualité des relations prédit mieux la santé à 80 ans que le cholestérol à 50 ans.
Harvard Study of Adult Development, dirigée par Robert Waldinger, données 1938 à 2026

Robert Waldinger, quatrième directeur de l’étude, le résume ainsi : les bonnes relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé. Les participants les plus satisfaits à cinquante ans étaient les plus en santé à quatre-vingts.

Côté pratiques, la gratitude domine les essais contrôlés. Robert Emmons et Michael McCullough ont montré dès 2003 que noter chaque semaine ce pour quoi on se sent reconnaissant améliore le bien-être déclaré. Nous avons détaillé ses bienfaits sur la santé et le rôle réel des hormones du bonheur.

Dernier éclairage, les comparaisons internationales. Le World Happiness Report, publié par le Wellbeing Research Centre d’Oxford avec Gallup, place la Finlande en tête pour la neuvième année consécutive dans son édition 2026. La France s’y classe 35e. Sa méthode découle de l’histoire de la psychologie positive.

L’argent fait-il le bonheur ?

L’argent augmente le bonheur déclaré, de façon continue mais de plus en plus faiblement. Passer de 20 000 à 40 000 euros par an change beaucoup de choses. Passer de 200 000 à 400 000 en change beaucoup moins.

La question a produit l’un des plus beaux épisodes de la recherche récente. En 2010, Daniel Kahneman et Angus Deaton concluaient que le bien-être quotidien cessait de progresser au-delà de 75 000 dollars annuels. En 2021, Matthew Killingsworth trouvait l’inverse. Les deux camps ont alors mené une collaboration contradictoire, arbitrée par Barbara Mellers et publiée dans les PNAS en 2023.

100 000 $
le seuil au-delà duquel le bonheur cesse de progresser avec le revenu, uniquement pour la minorité la plus malheureuse. Pour tous les autres il continue de monter, et il accélère même chez les plus heureux.
Killingsworth, Kahneman et Mellers, Proceedings of the National Academy of Sciences, mars 2023

Le verdict tient en deux temps. L’argent ne répare pas un malheur qui a d’autres causes. Chez les gens qui vont bien, il continue d’élargir les possibles.

Deux textes très lus ici le disent mieux que n’importe quel graphique. L’histoire du pêcheur mexicain interroge ce qu’on court chercher alors qu’on l’a déjà. Le poème « Le train de ma vie » rappelle ce qui reste quand on descend du wagon.

Pourquoi on se trompe sur son propre bonheur ?

Parce que deux personnes cohabitent en vous. Daniel Kahneman les nomme le moi expérimentant, qui vit l’instant, et le moi qui se souvient, qui raconte après coup. Les deux répondent différemment à « êtes-vous heureux ».

Le premier répond à « est-ce que ça va, là, maintenant ». Le second répond à « comment c’était, dans l’ensemble ». Et c’est lui qui décide de vos choix futurs, parce que c’est lui qui garde la mémoire.

ℹ️
La règle du pic et de la fin : votre souvenir d’une expérience se construit à partir de son moment le plus intense et de sa toute fin. La durée, elle, compte presque pour rien. Kahneman appelle ce phénomène la négligence de la durée.

Les conséquences sont considérables. Deux semaines de vacances ne laissent pas un souvenir deux fois plus fort qu’une semaine. Une soirée se ruine par ses dix dernières minutes. Et vous organiserez la suite à partir de ces souvenirs déformés, comme nous y invitons dans nos idées pour lâcher prise.

Filtrer, dissoudre, vibrer : la méthode en 3 étapes

Aucune recette du bonheur universelle ne fonctionne, les composantes du bien-être variant d’une personne à l’autre. Une méthode, en revanche, se transmet. Catherine Testa a formalisé la sienne en trois étapes dans L’Optimisme, la méthode : filtrer ce qui entre, dissoudre ce qui alourdit, vibrer pour rayonner.

L’ordre compte. Tant que l’environnement continue de vous intoxiquer, travailler sur vos pensées revient à vider une baignoire dont le robinet coule encore. Et tant que la voix critique tourne à plein régime, chercher l’élan ne tient pas.

1
FILTRER, ce que vous absorbez vous façonne

Médias catastrophistes, réseaux anxiogènes, conversations qui vident. Nous absorbons tout sans trier, comme une éponge dans de l’eau sale. La première étape consiste à reprendre la main sur ce qui entre : les sources d’information, les personnes qui drainent votre énergie, les algorithmes qui décident de votre humeur à votre place. Le socle du problème tient à notre biais de négativité, un câblage cérébral hérité, pas un défaut de caractère.

2
DISSOUDRE, ce que vous enlevez vous révèle

L’environnement filtré, il reste l’ennemi intérieur : la comparaison permanente, la voix qui critique, les croyances qui enferment. On ne combat pas ses propres pensées par la force, on les expose à la lumière jusqu’à ce qu’elles perdent leur pouvoir. C’est un travail de retrait, pas d’ajout, et il rejoint directement l’auto-compassion et la confiance en soi.

3
VIBRER, habiter sa vie au lieu de la subir

Vient l’élan, et il passe par le corps avant de passer par la tête. Le sommeil, le mouvement, la gratitude, l’émerveillement, la joie prise comme carburant plutôt que comme récompense. L’optimisme n’est pas une idée pour cerveaux brillants, c’est un état vivant dans un corps vivant.

Filtrer, ce n’est pas fuir. C’est choisir.

Catherine Testa, L’Optimisme, la méthode, Michel Lafon, 2026

L’exercice concret : la routine de 12 minutes

La méthode se pratique en douze minutes le matin, réparties en quatre blocs de trois minutes : respirer, écrire sa gratitude, étirer son corps, déposer ses intentions pour la journée. Douze minutes, c’est court, et c’est précisément ce qui rend la routine tenable sur la durée.

Les dix clés fondatrices

Cette méthode prolonge un travail commencé en 2017 dans Osez l’optimisme !, où Catherine Testa réunissait dix pratiques issues des études d’intervention. Dix verbes, dix chapitres, dix séries d’exercices, autour d’un principe : l’optimisme se travaille, comme une langue étrangère ou un instrument.

La clé Ce qu’elle demande concrètement
1. S’aimer Identifier trois qualités réelles, avec une preuve pour chacune. Voie détaillée dans l’auto-compassion selon Kristin Neff.
2. Bouger Vingt minutes trois fois par semaine suffisent, la régularité comptant plus que l’intensité.
3. Créer Reprendre un projet qu’on voit grandir, cinq minutes par jour, sans pression de résultat.
4. Donner Offrir du temps, une compétence, une écoute. Michael Norton a montré que l’argent dépensé pour autrui rend plus heureux que celui dépensé pour soi.
5. Positiver Repérer ses deux erreurs de pensée récurrentes, décrites par Aaron Beck : surgénéraliser et dramatiser.
6. Projeter Se donner un cap à un an, cinq ans, dix ans, et le rendre visible chez soi.
7. Remercier Tenir un journal de gratitude ou pratiquer les trois bonnes choses de Seligman chaque soir.
8. Respirer Une respiration ventrale lente, qui coupe le signal de stress envoyé au cerveau.
9. Sourire Sourire d’abord, l’humeur suit ensuite. Le mécanisme fonctionne dans les deux sens.
10. Vivre l’instant présent Réduire ses engagements et rendre à une seule tâche l’attention qu’on éparpille sur six.

Bouger et sourire agissent sur les mêmes circuits que les méthodes pour reprendre confiance en soi, et la gratitude change durablement ce que votre attention repère.

L’optimisme, c’est partir de l’idée que l’on peut améliorer le futur.

Catherine Testa, Osez l’optimisme !, Michel Lafon, 2017




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Osez l’optimisme : 5 conseils tirés du best-seller de Catherine Testa

Comment être heureux au quotidien ?

En agissant sur trois niveaux dans cet ordre : ce que vous laissez entrer dans votre tête, ce que vous vous racontez sur vous-même, et ce que votre corps vit chaque jour. Commencer par le dernier ne tient jamais longtemps.

C’est la structure de L’Optimisme, la méthode, paru chez Michel Lafon en mai 2026. Trois verbes issus de dix ans de conférences et de terrain : Filtrer, Dissoudre, Vibrer.

🧹 Filtrer

Ce que vous absorbez vous façonne : actualités en boucle, comptes anxiogènes, conversations qui vident. Filtrer, c’est choisir. Premier geste, couper les notifications d’actualité sept jours.

💧 Dissoudre

Reste la voix critique intérieure et les croyances qui vous limitent. On ne combat pas ses propres pensées de front, on les expose à la lumière et elles perdent leur pouvoir.

✨ Vibrer

Le corps ferme la marche : sommeil, mouvement, gratitude, émerveillement, joie. L’optimisme se vit dans un corps, jamais dans une idée abstraite.

⏱️ La routine de 12 minutes

Trois minutes de respiration, trois de gratitude, trois d’étirements, trois pour poser ses intentions. Le format tient dans n’importe quelle matinée.

Deux obstacles reviennent quand on essaie de tenir cette routine. Le report permanent, que nous traitons dans notre guide de la procrastination. Et le dialogue intérieur, qui se travaille avec les affirmations positives bien utilisées plutôt qu’avec de la volonté pure.

📙 Nouveau, mai 2026
⭐ 3 étapes, 224 pages
L’Optimisme, la méthode
Le livre déroule les trois étapes une par une, avec les exercices qui vont avec. Filtrer ce qui entre, dissoudre ce qui alourdit, vibrer pour retrouver de l’élan. Écrit pour les gens à qui on répète d’être positifs et qui n’y arrivent pas.

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Ces trois étapes se transmettent aussi à l’oral, lors des conférences sur l’optimisme que Catherine anime en entreprise depuis dix ans. Nos 9 conseils pour devenir optimiste en donnent une version courte et gratuite.

Pourquoi chercher le bonheur peut rendre malheureux ?

Parce que la poursuite explicite du bonheur produit un effet pervers documenté : plus une personne en fait un objectif, plus elle risque d’être déçue par ses propres émotions. L’injonction transforme un état en performance à atteindre.

Le mécanisme est simple. Vous vous fixez « être heureux » comme but, vous mesurez sans arrêt l’écart entre votre humeur et l’objectif, et cette mesure gâche l’humeur. Ajoutez la comparaison avec les vies filtrées des réseaux sociaux, et la spirale s’installe.

🚨
L’injonction au positif fait des dégâts : dire à quelqu’un qui traverse un deuil, un burn-out ou une dépression qu’il « devrait relativiser » ajoute de la culpabilité à la souffrance. Un optimisme qui nie la réalité cesse d’être un optimisme.

Nous avons consacré un article entier à cette question, sous-traitée dans la littérature grand public : les limites de l’optimisme à tout prix.

Les philosophes le disent depuis longtemps, avec d’autres mots. Frédéric Lenoir défend dans Du bonheur, un voyage philosophique (Fayard, 2013) l’idée que le bonheur se cueille en chemin plutôt qu’il ne s’atteint au bout, et il nous l’expliquait déjà dans cette interview.

Matthieu Ricard le rejoint autrement : chercher le bonheur pour soi seul l’éloigne, l’altruisme sincère le ramène. Nous avions détaillé ses habitudes du bonheur. Une vieille fable amérindienne, celle des deux loups, le résume mieux que n’importe quelle étude : celui qui grandit est celui que vous nourrissez.

Le bonheur se construit, il ne se décrète pas

Une part réelle de votre bonheur dépend de ce que vous faites, et cette part se travaille. La recherche s’accorde là-dessus depuis vingt ans. Personne ne vous promet la félicité, tout le monde constate qu’on peut déplacer le curseur.

Le levier le plus puissant reste le plus simple à nommer et le plus difficile à tenir : la qualité de vos relations. Quatre-vingts ans de suivi à Harvard aboutissent là, avant les revenus, avant le statut, avant le cholestérol.

Commencez petit, et commencez ce soir. Trois choses agréables notées avant de dormir, un message envoyé à quelqu’un que vous avez négligé, vingt minutes de marche demain matin. Un manager nous racontait comment il est passé de pessimiste à optimiste par ce chemin, sans retournement spectaculaire.

On ne décrète pas le bonheur. On construit patiemment les conditions qui le rendent possible, et on laisse le reste arriver.

L’équipe de L’Optimisme

Questions fréquentes sur le bonheur

Le bonheur désigne un état de satisfaction durable envers sa propre vie, associant des émotions agréables fréquentes, un sentiment de sens et des relations qui comptent. En psychologie, le terme technique est bien-être subjectif. Le mot vient de l’ancien français heur, la chance.
Renoncez d’abord à l’objectif « être heureux », écrasant dans ces moments. Visez plus concret : préserver le sommeil, marcher une fois par jour, parler à une personne de confiance. Ces trois gestes protègent l’humeur mieux que n’importe quelle pensée positive forcée. Si l’état dure plus de deux semaines, parlez-en à votre médecin traitant.
Le modèle PERMA, publié par Martin Seligman en 2011, en identifie cinq : les émotions positives, l’engagement dans une activité absorbante, la qualité des relations, le sens donné à sa vie et le sentiment d’accomplissement. Chacun se poursuit pour lui-même et se mesure séparément des quatre autres.
En partie. Le modèle de Sonja Lyubomirsky attribue environ 50 % des différences de bonheur entre les personnes à l’hérédité, 10 % aux circonstances et 40 % aux activités volontaires. Ses auteurs ont révisé ce découpage en 2019, les trois facteurs s’influençant en permanence. La conclusion utile ne change pas : une part se travaille.
Aucune recette universelle, les composantes du bien-être variant selon les personnes. Une dizaine de pratiques reviennent malgré tout dans les études d’intervention : gratitude, activité physique, liens entretenus, générosité, respiration, sommeil, projets à long terme et attention au présent.
La Finlande, en tête du World Happiness Report pour la neuvième année consécutive dans l’édition 2026. Le classement repose sur l’échelle de Cantril, une question unique posée par Gallup dans plus de 140 pays. La France occupe la 35e place. Ces écarts s’expliquent surtout par la confiance envers les institutions et l’entraide perçue.
Refuser protège le temps et l’énergie que réclament les pratiques dont dépend le bien-être. Les personnes qui n’y arrivent pas se retrouvent structurellement sans espace pour elles-mêmes. La compétence porte un nom et elle s’apprend : l’assertivité, qui consiste à s’affirmer sans agresser ni s’écraser.
Consultez lorsque la tristesse dure depuis plus de deux semaines et s’accompagne de troubles du sommeil, d’une perte d’appétit, d’un désintérêt général ou d’idées noires. Le médecin généraliste constitue une bonne première porte. Aucun article de bien-être ne remplace un avis clinique.


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Information : cet article informe, il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un psychologue. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à votre médecin traitant. En cas de détresse ou d’idées suicidaires, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas d’urgence vitale, appelez le 15 ou le 112.
Sources
  1. Lyubomirsky, Sonja, Sheldon, Kennon M. et Schkade, David. 2005. Pursuing Happiness : The Architecture of Sustainable Change. Review of General Psychology, 9(2), 111 à 131.
  2. Sheldon, Kennon M. et Lyubomirsky, Sonja. 2021. Revisiting the Sustainable Happiness Model and Pie Chart : Can Happiness Be Successfully Pursued ? The Journal of Positive Psychology, 16(2), 145 à 154, mis en ligne en 2019. Consulter l’article
  3. Seligman, Martin E. P. 2011. Flourish : A Visionary New Understanding of Happiness and Well-being. Free Press. Modèle PERMA.
  4. Harvard Study of Adult Development. 1938 à 2026. Étude longitudinale sur le développement adulte. Dirigée par Robert Waldinger, Harvard Medical School. Consulter l’étude
  5. Csikszentmihalyi, Mihaly. 1990. Flow : The Psychology of Optimal Experience. Harper & Row.
  6. Kahneman, Daniel et Deaton, Angus. 2010. High income improves evaluation of life but not emotional well-being. Proceedings of the National Academy of Sciences, 107(38), 16489 à 16493.
  7. Killingsworth, Matthew A., Kahneman, Daniel et Mellers, Barbara. 2023. Income and emotional well-being : A conflict resolved. Proceedings of the National Academy of Sciences, 120(10). Consulter l’étude
  8. Kahneman, Daniel. 2011. Thinking, Fast and Slow. Farrar, Straus and Giroux. Chapitres sur le moi expérimentant et le moi qui se souvient.
  9. Emmons, Robert A. et McCullough, Michael E. 2003. Counting Blessings Versus Burdens : An Experimental Investigation of Gratitude and Subjective Well-Being in Daily Life. Journal of Personality and Social Psychology, 84(2), 377 à 389.
  10. Wellbeing Research Centre, université d’Oxford, Gallup et UN SDSN. 2026. World Happiness Report 2026. Publié en mars 2026. Consulter le rapport
  11. Ricard, Matthieu. 2003. Plaidoyer pour le bonheur. NiL éditions.
  12. Lenoir, Frédéric. 2013. Du bonheur, un voyage philosophique. Fayard.
  13. Testa, Catherine. 2017. Osez l’optimisme ! 10 clés pour réenchanter votre quotidien. Michel Lafon.
  14. Testa, Catherine. 2026. L’Optimisme, la méthode. Michel Lafon.


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