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QUESTION : « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? »

Cher lecteur,

Je suis ravie de te retrouver ! Comme l’an passé, j’ai décidé de profiter de ce mois d’août pour partager avec toi quelques réflexions. Je t’envoie aujourd’hui ma 1ère lettre de l’été et j’attends ton avis.

« ET TOI ? TU FAIS QUOI DANS LA VIE ? »

Oh, je dois t’avouer que cette question me pose bien des problèmes, j’ai bien du mal à y répondre.

Il est communément admis qu’une réponse du type métier / société est attendue. Je suis « ingénieur chez Thalès ». Je suis « traducteur chez Paypal ». Je suis « secrétaire chez Publicis ». Autrefois, j’arrivais à répondre. D’ailleurs, je ne m’étais jamais interrogée sur la portée de cette question. Je répondais mécaniquement comme la quasi intégralité des travailleurs.

Un jour, je me suis affranchie de l’entreprise pour créer mon propre parcours. Bien sûr, à la tête d’une entreprise avec des salariés, je pourrais me dire CEO. Ca fait bien sur le papier, n’est-ce pas ? Pour peu que j’ajoute le fait que je suis une femme, je décroche le titre de « femme engagée » 😉 Mais cela me définit-il ? Ne suis-je pas tout autant auteur ? Conférencière ? Formatrice ? Passionnée par les autres ? Militante pour l’Optimisme ? Militante pour la responsabilisation de chacun ? Militante pour la réflexion ? J’adapte ma réponse en fonction de mon interlocuteur. Il arrive d’ailleurs régulièrement qu’on n’ait pas compris quel était mon « vrai métier ». Forcément, il ne rentre pas dans une case classique.

J’imagine que je ne suis pas la seule. Dès lors qu’on a un projet « systémique » et qu’on a un peu du mal à rentrer dans le moule, le problème se pose.

J’ai commencé à réfléchir au sens de cette question et à m’interroger. Ne s’agit-il pas d’un binôme sans pareil pour nous étiqueter ? Deux mots et voilà que notre interlocuteur définit si nous sommes « influent », « cool », « puissant », « ennuyeux », « riche » et j’en passe. Il faut dire que pendant des années, notre place dans la société s’est définie par rapport au travail que nous exercions… Mais pour combien de temps ?

LE CAS DU BOULANGER

As-tu vu passer, tout au long de l’année, ces articles du type « de banquier à la défense, il se reconvertit en boulanger ». Ces articles font le buzz. Forcément, pour peu qu’il soit un brin hipster et qu’il se lance dans le bio, un « story-telling » dans les Echos rend sa position « enviable ». C’est cool ! Quel courage il a ce type !

Oh, tu le sais, j’admire ceux qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale : je sais à quel point il est dur d’oser quitter une situation confortable pour monter son entreprise. Je ne remets nullement en question le parcours de l’ex-banquier mais je m’interroge.

Si entreprendre est à la mode, pourquoi ne parle-t-on pas plus des maçons, menuisiers, coiffeurs, pédicures, boulangers qui exercent partout en France. Eux aussi ils ont eu ce courage… Mais voilà, leurs métiers paraissent « moins sexy » aux yeux de certains, leurs parcours plus ordinaires. Pourtant comment ferait-on sans eux ?

Je vois toujours une certaine forme d’injustice face à la valorisation de certains métiers ; pire, du parcours pour y arriver.

LA PALME DE LA QUESTION

T’ai-je raconté ?

Il y a peu, j’étais invitée à la soirée d’un ami. 23 heures : j’allais partir. On me dit d’attendre pour me présenter « quelqu’un ». Faisant confiance à mon hôte qui connaît mon caractère, j’attends sans savoir qui allait arriver.

Un politique (visiblement connu de tous sauf de moi) qui a l’habitude de dispenser des aides aux start-ups. Il arrive et dit bonjour à ma voisine, une entrepreneuse qu’il ne connaît pas. Sa première question «Pitchez-moi votre projet en une minute ». Je te laisse imaginer ma tête face à une telle question. Cet homme, même dans une soirée décontractée pour l’anniversaire d’un ami ne se définissait que par sa « position » et prenait, peut-être sans s’en rendre compte, de haut ses interlocuteurs.

REMPLACER CETTE QUESTION

Il y a quelques mois, une personne que je rencontrais pour la première fois m’a accueillie d’un « enchanté Catherine, quelle est ta cause ? ».

La demande est intéressante : il ne s’agit pas de s’étendre sur une quelconque prouesse entrepreneuriale ou sur un quelconque parcours scolaire ou professionnel.

Mais tout le monde n’a pas forcément une cause à laquelle il peut dédier du temps et trouvé un sens à son quotidien. Si cette question est intéressante, j’ai peur d’une culpabilisation de la normalité.

QU’EN PENSES-TU ?

Depuis plusieurs semaines je réponds à mes interlocuteurs que « je m’enthousiasme ». Une réponse pas très qualifiante me diras-tu !

Pourtant l’enthousiasme est le seul dénominateur commun à l’ensemble de mes activités. Lancer un nouveau projet, découvrir les projets des autres, accompagner une structure, fédérer un nouvel éco-système, intervenir lors une conférence, rencontrer quelqu’un qui s’engage… tout autant que voyager, aller à un concert, lire, écrire. Cela recoupe les volets pro et perso.

Si on doit poser une seule question, ne serait-elle pas : « qu’est-ce qui t’enthousiasme ? ». Nul besoin d’une grande cause pour s’enthousiasmer. On peut s’enthousiasmer pour un match de foot, pour la chorale à laquelle on participe le dimanche, pour un projet associatif et même pour son job ! Cela évite de mettre de côté le chercheur d’emploi et la femme au foyer.

Depuis peu, je pose cette question quand je rencontre de nouveaux interlocuteurs. Les visages s’illuminent. Bien loin du seul aspect professionnel, je découvre des milliers d’idées mises en place autour de thématiques parfois vraiment farfelues !

Qu’en penses-tu ? Penses-tu que le binôme « métier / entreprise » a encore de l’avenir ? D’ailleurs, arrives-tu à répondre à cette question « que fais-tu dans la vie ? »

Catherine

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