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« Pourquoi je n’ai pas honte de consulter un psy » : les 5 raisons d’une lectrice

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Sophie est une fidèle lectrice de l’Optimisme. Ayant lu nos récentes communications sur la santé mentale, elle a eu envie de participer à sa façon à la levée du tabou autour de la consultation chez le « psy ». Pour casser les clichés qui entourent cette profession, elle nous parle des 5 raisons qui font qu’elle n’a aucune honte de consulter un « psy ».

1. Je suis fière d’avoir su réagir à temps

J’ai très mal vécu le premier confinement. Moi qui suis quelqu’un de sociable et qui aime voir mes collègues le matin, je me suis sentie « mise en boîte » lorsqu’il m’a fallu télé-travailler 5 jours sur 7. J’ai perdu ma motivation et j’ai commencé à tout remettre en question. Célibataire et sans enfant, j’ai personnellement souffert de la solitude.

Je me suis mise à moins sourire et à moins communiquer. Mes conversations se sont réduites au strict minimum professionnel. J’ai attendu deux mois pour voir si l’enthousiasme revenait naturellement. C’est lorsque j’ai commencé à me sentir triste tous les jours que j’ai réagi. Quitte à tout chambouler dans ma vie – mon avenir personnel et professionnel – je ne souhaitais pas faire un saut dans le vide sans filet, j’avais besoin de me sentir soutenu car ça tourbillonnait dans ma tête.

Je n’ai pas attendu pour demander l’aide d’un psychologue que j’ai trouvé par l’intermédiaire de mon médecin traitant. Mes questions étaient en fait si profondes que les conversations avec les amis ne suffisaient plus à ce stade. Le confinement a été un révélateur. Savoir réagir à temps pour soi-même, c’est aussi une manière d’être responsable !

2. Je vis chaque séance comme un moment pour moi

A l’heure d’aujourd’hui, je suis toujours suivie par mon psychologue à raison d’une à deux fois par mois. Ce n’est pas un ami : je peux lui parler sans avoir peur de le blesser ou de le heurter. J’y vais avec le même état d’esprit que lorsque je me rends à une séance de yoga. Je me dis : « voilà un temps pour moi et rien que pour moi. »

J’ai l’habitude au quotidien d’être la « bonne copine » qui écoute et conseille les autres. Je ne dévoile que très peu mes sentiments ou mes états d’âme à l’extérieur. J’ai aussi tendance à faire passer les besoins des autres avant les miens. Quand je vais chez le psy, je m’autorise à parler de moi. Et il n’y a rien d’égocentrique à cela. Je préfère d’ailleurs que ce soit un professionnel formé à l’écoute, aux émotions, aux ressentis qui soit le réceptacle de mes humeurs (parfois en montagne de russe) plutôt qu’une amie que je pourrais parasiter avec mes états et ne saurait pas très bien quoi faire. Ces séances, ce sont des moments dans lesquels je m’accorde le droit de « dire » ce qui ne va pas et je ne me l’autoriserais peut-être pas auprès de mes proches ou de mes collègues.

3. J’en ai beaucoup appris sur moi-même

On m’a toujours dit que je me posais trop de questions sur la vie. C’est vrai : j’aime réfléchir sur les humains de manière générale et cela passe d’abord à mon sens par une meilleure connaissance de soi-même. Ce n’est pas évident de bien connaître nos aspirations, nos valeurs, notre fonctionnement, nos pensées et le sens de nos actions. Depuis toute petite, je suis poussée par des questions existentielles.

J’ai aussi décidé d’aller voir un psy pour avoir des pistes de réflexion sur ces questions comme d’autres vont voir un prêtre ou un guide spirituel dans les moments charnières de leur existence. Je n’ai pas envie de mourir sans avoir eu l’impression de me connaître, au moins à minima. Je pense que nous sommes nombreux à nous poser des questions semblables sur le sens de nos existences. Pourquoi devrions-nous nous priver d’un tiers qui a des outils et des connaissances pour mettre en lumière certains mécanismes ou cercles vicieux qui nous empêchent d’avancer. Pourquoi nous refuser cette aide pratique qui peut mettre du sens sur nos évènements et nos expériences intérieures ?

4. J’aborde de nouveaux sujets avec ma famille et mes amis

Plus je me connais, plus je parviens à trouver de nouveaux sujets de discussions avec les autres. Au final, consulter un psy m’apprend à mieux m’intéresser au monde qui m’entoure et à ceux qui gravitent dans mon univers. Alors qu’il m’arrivait très souvent d’aborder des sujets « superficiels », peu profonds ou sans grand intérêt, je m’intéresse beaucoup plus aujourd’hui aux humains qu’ils sont. Je ne peux m’empêcher de penser qu’eux aussi sont sur un chemin, parsemé de mystères et de questionnements.

Sans forcément dire à tous les repas de famille que je consulte un psy, je vois que le regard de mes proches est tantôt curieux tantôt sceptique sur ma démarche. « Pourquoi vas-tu voir un psy ? Tu n’es pas folle ! » m’a un jour dit mon père. C’est l’occasion pour moi de sensibiliser et d’informer sur le véritable rôle du psychologue (ou du psychiatre). Finalement, la prévention, ça commence lors des dîners de famille.

5. J’ai changé mon regard sur les personnes qui vont voir un « psy »

J’ai longtemps pensé que d’aller voir un « psy » était une preuve de faiblesse et était réservé à ceux qui ne parvenaient pas à surmonter leurs difficultés par eux-mêmes. J’ai même eu des croyances assez sévères et pleines de jugement à l’égard de ceux qui faisaient cette démarche.

Aujourd’hui, j’aborde les choses différemment. Que ce soit pour un problème passager, un questionnement ou une maladie mentale, je considère désormais que cette initiative est tout l’inverse d’un manque de caractère ou une faiblesse d’esprit. C’est bien l’envie d’évoluer, la lucidité de vouloir un changement dans sa vie, l’impulsion à tendre vers le rétablissement et le mieux-être qui est au cœur de cette décision. Et cela devrait être davantage valorisé autour de nous !

Pour davantage d’informations sur le sujet, Eva, de l’équipe de L’Optimisme, propose une formation aux premiers en santé mentale.

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