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Santé mentale – « je m’inquiète pour un proche, que faire ? » : 5 pistes pour l’aider

Santé mentale aider un proche

Vous avez remarqué qu’un de vos proches ne va pas bien en ce moment et vous vous sentez peut-être démuni. Comment lui montrer que vous êtes présent ? Quelle attitude adopter ? Où chercher de l’information ? Dans cet article, nous vous donnons quelques pistes.

1. Montrez-lui que vous êtes présent !

Lorsqu’on rencontre une difficulté d’ordre psychologique, on peut dire que l’union fait la force. Il est possible que votre proche s’isole dans sa souffrance. C’est d’ailleurs peut-être un des signes qui vous a inquiété. Lorsque cette solitude est motivée par de la honte (« J’ai honte de me montrer ainsi à l’extérieur »), de la culpabilité (« Je suis incapable de remplir mes obligations ») ou de l’autodévalorisation (« Je ne vaux rien »), elle peut enfermer votre proche dans un cercle vicieux.

Montrez-lui par divers moyens que vous êtes à ses côtés quelle que soit la difficulté qu’il traverse en ce moment, qu’elle soit passagère ou qu’elle s’inscrive dans la durée. Garder le lien est une ressource précieuse pour toute personne en souffrance.

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Rappelez-lui que votre intention est de l’aider et valorisez, par des encouragements, tous les efforts qu’il peut faire pour aller mieux. Continuez à lui montrer que son mieux-être est important pour lui comme pour vous.  

2. Encouragez-le à aller voir un professionnel

Même si parfois nous aimerions avoir le pouvoir de « guérir » nos proches par la force de notre présence, ce n’est pas toujours suffisant. Si son mal-être perdure, mieux vaut s’entourer de professionnels en qui votre proche peut avoir confiance. Vous pouvez l’encourager, par exemple, à prendre contact avec son médecin traitant pour en parler.

  • Si votre proche craint d’exposer ses ressentis ou de ne pas trouver ses mots pendant la consultation, vous pouvez l’inviter à noter en amont ce qu’il souhaite dire lors de cette consultation.
  • S’il est nerveux à l’idée de consulter un professionnel, vous pouvez lui proposer de l’accompagner.
  • S’il s’agit d’une urgence (en cas de danger imminent pour sa sécurité ou celle d’un tiers), les urgences les mieux à même de répondre aux situations de crise.

3. Ne prenez pas personnellement ses remarques

La souffrance psychologique nous fait parfois avoir des attitudes ou dire des mots qui dépassent notre pensée. Il est possible de constater outre de la tristesse, des sautes d’humeur ou de l’agressivité. Gardez à l’esprit que votre proche n’est pas dans son état habituel et qu’il agirait différemment avec vous dans d’autres circonstances. C’est plutôt sa souffrance qui essaye de s’exprimer par ses comportements qui peuvent vous paraître inappropriés. Soyez patient et ne prenez pas personnellement ses remarques.

S’il refuse votre aide, acceptez-le sans couper les ponts avec lui, reporter la discussion à un autre jour (sauf en cas d’urgence). Continuez à prendre régulièrement de ses nouvelles. Sachez qu’aider un proche est un « processus » qui prend souvent du temps et les conseils que vous lui donnez, votre présence, votre soutien font leur cheminement en lui, même si pour le moment vous ne voyez pas d’action de sa part.

4. Renseignez-vous sur les ressources disponibles dans votre périmètre géographique

Il existe de nombreuses structures, centres de soins, associations dans votre région qui peuvent vous épauler en tant qu’aidant. Vous pouvez, par exemple, rechercher sur le site du Psycom, les ressources disponibles et d’autres conseils pour apporter un soutien efficace à votre proche.

Pensez également aux lignes d’écoute nationales qui offrent un soutien non seulement aux personnes concernées mais également à ceux qui se sentent démunis face à un proche en souffrance. Depuis septembre 2021, il existe également une ligne nationale de prévention du suicide, le 3114, gratuite et anonyme, ouverte 7j/7 et 24h/24.

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Si vous vous sentez dans une impasse, vous pouvez penser à aller vous-même consulter un professionnel pour lui demander des renseignements. Il n’est pas anodin qu’un membre de notre entourage soit en souffrance : cela impacte tout un système et vous en faites partie ! Ce serait aussi l’occasion de faire le point sur votre propre rapport à la souffrance de l’autre et peut-être même de redéfinir votre rôle vis-à-vis de votre proche.

5. Prenez en compte vos besoins

On peut facilement se laisser emporter par la souffrance de ceux qu’on aime et s’oublier soi-même. Pour aider efficacement un proche :

  • Prenez conscience que vous avez-vous aussi des besoins émotionnels et relationnels.
  • Écoutez-vous et si possible travaillez en réseau pour vous alléger de la souffrance de votre proche.
  • Parlez-en à d’autres amis ou d’autres personnes de confiance dans votre entourage pour faire fonctionner ce « réseau » d’entraide.

Vous pouvez aussi contacter les associations qui aident les familles comme l’UNAFAM, par exemple. Votre proche ne doit pas devenir votre seule source de préoccupation et d’intérêt car pour tenir votre soutien sur la durée, il vous faut aussi préserver vos propres ressources : pensez à prendre du temps pour vous et à vous consacrer à des activités qui vous font plaisir.

 

Eva Mazur 
Cheffe de projet à l’Optimisme 
Formatrice Premiers Secours en Santé Mentale

Pour davantage d’informations sur le sujet, Eva, de l’équipe de L’Optimisme, propose une formation aux premiers en santé mentale.

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