LE TRAVAIL : et si on passait à côté de son utilité ?

Et si on y pensait

Cher lecteur,

Bientôt la rentrée. Cette semaine j’ai revu et mis à jour les formations et conférences que je donne sur le bien-être en entreprise. Je n’évoque pas souvent le sujet ici mais il me semble important d’aborder un point important : la vision biaisée qu’on a trop souvent de ce à quoi sert le travail.

1/ Gagner du pognon

OK, nous sommes tous d’accord. Le travail sert à nous nourrir. S’il peut servir à nous vêtir et à nous loger correctement, c’est encore mieux. On aimerait, c’est certain, que chacun ait cette chance aujourd’hui. Pourtant, passée cette considération, il semble qu’on oublie que travailler n’a pas cette seule fonctionnalité.

2/ Grandir

“Il ne faudrait pas réfléchir aux entreprises où il fait meilleur travailler mais où il fait meilleur grandir”.

Cette phrase est celle d’un stagiaire passé chez nous il y a un an et elle m’est restée. A 19 ans, il avait déjà cette autre conception du travail. Il m’avait bluffée, il était incroyable d’efficacité, de maturité et surtout d’humanité. Et aujourd’hui encore j’espère avoir contribué à sa curiosité sur le monde et l’avoir fait grandir.

Parce que travailler permet normalement de grandir et d’améliorer chaque jour ses compétences. Le milieu professionnel nous challenge et nous invite bien souvent à sortir de notre zone de confort. Nous sommes capables de faire en quelques heures ce qui nous demandait plusieurs jours à notre arrivée dans l’entreprise. C’est en regardant en arrière qu’on mesure le chemin parcouru.

On a appris et on a grandi tant sur le plan professionnel que personnel. On s’est souvent découvert des talents et une capacité à gérer des caractères parfois opposés au sien 😊

3/ Composante sociale

Parce que le travail est un lieu de sociabilité. On y rencontre l’autre, cet autre qui ne nous ressemble pas. Cet autre qui écoute Johnny quand on écoute du métal, cet autre dont les convictions politiques sont à l’opposé des nôtres, cet autre qui est extraverti quand on est introverti. Combien de fois ai-je entendu « au début le courant ne passait pas, finalement nous sommes devenus les meilleurs amis du monde » !

Parce que le monde de l’entreprise en nous « contraignant » nous ouvre aussi à la différence. Il nous sort du prisme de nos convictions personnelles et de notre jugement a priori. Il stimule notre curiosité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une ère 100% télétravail doit être accompagnée pour ne pas entraîner un enfermement de chacun sur lui-même… mais c’est un autre sujet..

4/ Composante sociétale

Je participe à plus grand que moi, mon travail est utile à la société. Combien de salariés ai-je rencontré oubliant même leur utilité ! Quand on travaille dans une entreprise de transport : on permet à des gens de se déplacer et de retrouver leurs proches. Celui qui met un boulon sur la roue est tout aussi indispensable que le cadre dirigeant et me permet de retrouver ma famille le temps d’un week-end. Au fond j’aimerais le remercier et qu’il s’en rende compte. Et c’est la même chose avec toutes les entreprises qui sont utiles à notre société.

Notre utilité : c’est peut-être ce qu’on oublie le plus dans un quotidien de tâches qui semblent si répétitives. Alors à tous ceux qui lisent cet article : merci de contribuer à la société.

La limite est que cela impose aux entreprises d’avoir du sens… mais c’est une autre question.

Pour conclure

Je me demande simplement :

Si on remplaçait le mot travailler par le mot œuvrer ? Cela ne changerait-il pas notre rapport à la société ?

Bien sûr, il y a la besogne, et chacun de nous y faisons face au quotidien mais comprendre qu’on participe à plus grand permet de sublimer le labeur.

Comme d’habitude, cet article invite au questionnement. Le bien-être en entreprise va bien au-delà du sujet tel qu’abordé dans les médias pour faire du buzz. Il impose de questionner notre société dans sa globalité.

La bonne nouvelle c’est que chacun, individuellement, peut se prêter à l’exercice de voir son travail autrement. Que m’a-t-il appris ? A quoi est-ce que je participe au quotidien avec mes collègues ? A quoi mon entreprise participe-t-elle plus largement ?

Parfois, la vie associative permet de compenser ces piliers que le travail ne nous offre pas…

Allez, je retourne à la préparation des conférences de rentrée ! Preneuse des commentaires et des ajouts sur l’utilité du travail !

Belle journée à tous,

Catherine

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