L’improvisation pour apprivoiser l’imprévu avec Florence Lhérault

Florence Lhérault

L’improvisation théâtrale peut nous aider à y voir plus clair dans un monde devenu de plus en plus incertain. Pour prendre confiance en son potentiel, Florence Lhérault, formatrice en soft skills, nous propose un atelier le 02 février 2021 à 19h00 sur Zoom intitulé: “Cultiver la sérénité face à l’imprévu grâce à l’improvisation.”

Dans cette interview, Florence nous parle de son parcours ainsi que de la pratique de l’improvisation théâtrale pour développer ses compétences comportementales. Rencontre.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Florence, je suis de nature enjouée, dynamique, empathique. Je suis plutôt bavarde, organisée, et curieuse. J’ai une tendance à l’indécision (oui, mon boulanger a l’habitude de me voir hésiter devant ses délicieuses pâtisseries… !), et au perfectionnisme (mais j’y travaille !). J’ai commencé le théâtre à 10 ans, et ça m’a construite !

Tu es issue d’une formation scientifique en école d’ingénieur. Qu’est-ce qui t’a donné envie de donner un nouvel élan à ta carrière professionnelle ?

J’ai commencé ma vie professionnelle comme ingénieure chef de projet en transport et mobilité. Je trouvais mon travail intéressant « en soi », mais ça ne me passionnait pas du tout. J’avais cette petite voix intérieure qui me soufflait « mais qu’est-ce que tu fais là ?! ».

J’étais affectée par le manque de cohésion dont pouvaient souffrir certains services. Par les discours de supérieurs qui manquaient cruellement d’entrain. Par les quiproquos et malentendus qui tendaient les relations humaines. Par la morosité de certains collaborateurs.

Mon objectif premier en arrivant le matin, c’était qu’on soit dans une atmosphère agréable et qu’on prenne plaisir à travailler. On passe tellement de temps derrière son bureau !

Il me manquait de l’humain, de l’échange. J’avais besoin d’être animée par ce que je faisais au quotidien. J’avais besoin d’œuvrer pour le mieux-être à plus large échelle. A force de réflexion, d’échange, d’accompagnement pour dépasser mes peurs et blocages, j’ai switché.

C’est nourrie de ma passion, le théâtre d’improvisation, que je suis devenue formatrice softskills pour déployer les bénéfices de cette pratique dans le monde de l’entreprise.  

Comment l’improvisation théâtrale permet-elle de développer nos compétences comportementales ?

L’improvisation théâtrale, c’est l’art de raconter des histoires sans avoir de texte écrit au préalable. Au moment où on monte sur scène, on ne sait pas du tout ce qu’il va se passer : quel personnage on va jouer, quelle aventure il va vivre, etc. Et pour y arriver, les comédiens font preuve d’une grande assurance personnelle en se lançant dans l’imprévu avec enthousiasme. Il ont aussi une confiance infaillible envers leurs partenaires pour créer ensemble, et satisfaire le public.

J’avais vraiment peur de l’improvisation quand j’ai commencé. C’est tellement un saut dans l’inconnu ! Je ne pouvais me raccrocher à rien. Et pour quelqu’un qui aime anticiper et bien faire, ça faisait beaucoup. Pourtant, ça m’a fasciné, tant le sentiment de libération une fois sur scène était puissant.

J’ai vite compris qu’improviser, ça ne s’improvise pas. Cela nécessite de l’entrainement pour développer une attitude confiante, détendue et disponible à tout instant. On change notre rapport à l’erreur, on apprend à construire avec l’autre, et on muscle des réflexes tels que l’écoute, l’implication, l’audace, l’adaptabilité, en plus de toute la palette technique du comédien (travail sur la posture, la voix, la respiration, etc).

Et ce qui est super, c’est que ces compétences sont utiles au quotidien, autant dans sa vie personnelle que professionnelle.

Cet outil est donc très puissant. Il permet de vivre un moment de formation léger sur la forme (parce que les exercices sont ludiques et qu’on travaille dans le plaisir) et solide sur le fond (l’expérimentation permet de belles prises de consciences).

Peux-tu nous conseiller un exercice d’improvisation que nous pourrions faire en autonomie dans notre vie quotidienne pour avoir plus d’aisance relationnelle ?

Un exercice très simple est le « ça me fait penser à ». Il consiste à faire une association d’idées en associant un mot au dernier mot entendu.

Commencez avec un mot au hasard, et dites à quoi spontanément ça vous fait penser. Par exemple : « Verre », et c’est parti :

Verre, ça me fait penser à vert. Vert ça me fait penser à rouge. Rouge ça me fait penser au père noël. Père Noël ça me fait penser à cadeaux. Cadeaux ça me fait penser à ruban. Ruban ça me fait penser à cheveux. Cheveux ça me fait penser à perruque. Perruque ça me fait penser à Murder. Murder ça me fait penser à Netflix. Netflix ça me fait penser à canapé. Canapé ça me fait penser à cocktail. Cocktail ça me fait penser à sauce. Sauce ça me fait penser à viande…

Le principe est d’accueillir la première idée qui me vient, de l’accepter sans jugement, et de construire à partir ce ça.

Cet exercice muscle la capacité à être dans l’instant présent pour écouter ce qu’il se passe, être pleinement disponible ici et maintenant, et accéder à ses ressources internes. Dans la vie quotidienne, c’est cette attitude qui nous permettra de réagir spontanément de manière adaptée à la situation, pour ne plus penser le soir en se brossant les dents « mince, j’aurais dû dire ça ! »

Quels seraient tes conseils pour développer un état d’esprit positif, surtout en cette période compliquée ?

Je pense spontanément à la gratitude. La gratitude, c’est le fait de remercier, d’être reconnaissant.e. En cultivant la gratitude, je m’attarde sur les choses qui vont bien, et ça change tout ! Cela ne veut pas dire que je suis naïve ou que je nie les difficultés, en faisant comme si tout allait bien, comme si tout était facile et merveilleux. Ça ne veut pas dire que je suis aveuglée sous couvert d’injonction du sourire. Cela signifie que je décide d’accorder de l’importance à ce qui me rend heureuse, à ce qui est chouette et ce qui est beau.

Il peut arriver de ne plus voir ce qui va quand même bien, lorsqu’on est complètement pris.e par son quotidien ou lorsqu’on éprouve des émotions désagréables. J’ai par exemple parfois tendance à souhaiter « plus » ou « mieux » ou juste « autrement ». Dans ces moments-là, ça me fait du bien de prendre de la hauteur, et d’observer ce qui est déjà là. 

Je suis donc une grande adepte des 3 kifs par jour (de Florence Sevran-Schreiber) avant de m’endormir !

As-tu une phrase positive ou un mantra qui te booste au quotidien ?

J’ai en tête la phrase qu’une de mes amies m’a écrite un jour et que je me répète souvent depuis : “Ce que je fais est essentiel, et surtout éminemment juste.”

J’ai aussi un rituel positif : je pratique la « Power Pose ». Présentée par Amy Cuddy dans sa célèbre conférence « Your body language may shape who you are ». En gros, je prends la pose de super woman après mes étirements matinaux pour me mettre dans un état d’esprit de puissance et booster ma confiance.

Pour en savoir plus sur Florence Lhérault

Son site Internet ICI

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