Comment écouter un proche en souffrance ?

Comment écouter un proche en souffrance

Ecouter la douleur d’un être qui nous est cher n’est pas toujours simple…

Nous avons tous été un jour ou l’autre confrontés à un proche en souffrance psychique. Quels mots dire ? Comment consoler par nos paroles ? Que lui répondre ? Nos questions se tournent souvent vers ce qu’on peut lui dire pour soulager sa détresse. Et si la première attitude que nous pouvions avoir n’était pas celle d’avoir des paroles « justes » à tout prix mais celle de se mettre véritablement à son écoute, en oubliant même l’idée de trouver les bons mots ?

Écouter la souffrance : un art difficile à pratiquer

Nous croyons parfois que nous sommes dans l’écoute de l’autre alors que notre seule préoccupation est de répondre, conseiller ou prendre la parole face à une détresse pour dissimuler notre impuissance et ne pas être « sans matière à donner ». Laisser place aux ressentis, donner aux silences une chance d’exister après l’expression d’une douleur émotionnelle, accepter de ne pas avoir les mots nous est difficile mais fait partie intégrante de l’écoute que nous pouvons offrir à celui qui souffre.

Aussi, il suffit d’observer nos conversations du quotidien et de nous regarder réagir dans nos échanges pour constater que nous avons bien du mal à ne pas couper la parole ou à nous abstenir de vouloir trouver la solution pour l’autre. Comme le dit Goethe : 

« Parler est un besoin, écouter est un art. »

De l’écoute passive à l’écoute sensible

Écouter n’est ni répondre, ni parler, ni chercher à avoir raison ni même être dans une forme de passivité où nous nous contentons de simplement entendre les mots douloureux de notre proche.

L’écoute suppose de nous mettre dans un état d’esprit particulier à travers lequel nos sens, notre corps, nos émotions sont en éveil et impliqués dans l’échange.

Si vous pratiquez la méditation de pleine conscience, vous pouvez vous en inspirez pour vous rapprocher d’une écoute sensible et ouverte qui implique d’être pleinement là, ici et maintenant avec l’autre, dans sa souffrance, conscient des jugements et des pensées qui traversent votre esprit.

Les attitudes qui favorisent l'écoute

L’écoute se nourrit de valeurs, de postures et d’attitudes :

L’empathie : la capacité à percevoir, ressentir le monde intérieur de l’autre, ses émotions et son cadre de référence sans pour autant se noyer dans sa souffrance.

La congruence : l’alignement entre ce qui est pensé et ressenti de l’intérieur puis exprimé à l’extérieur. C’est l’idée de ne pas jouer de rôle, de rester soi-même le plus possible face à la souffrance d’autrui. On ne cherche pas à paraître « fort » dans l’échange mais simplement à être qui on est. Cela suppose d’accepter les émotions qui nous traversent nous-même face à la souffrance d’un proche et le cas échéant, d’être en mesure de les lui partager.

Le non-jugement : écouter revient à mettre en suspens les jugements que nous pouvons avoir sur notre proche, sur sa situation ou ses comportements. Notre cerveau juge et discrimine en permanence (« C’est bien », « Ce n’est pas bien ») et dans de nombreuses situations, cela peut être utile. Mais pour accueillir la parole et les maux de notre proche, il est souhaitable de ne pas les lui montrer si nous en avons.

Les attitudes qui empêchent l’écoute véritable de la souffrance

Souvenez-vous d’un moment où vous étiez vous aussi dans un moment de détresse. Qu’est-ce qui a pu vous agacer de la part des autres au point parfois de vous sentir « incompris » dans votre souffrance ? Attendiez-vous vraiment qu’ils vous donnent des conseils ou vous disent quoi faire ? Les conseils peuvent souvent être perçus comme des jugements lorsqu’ils ne sont pas sollicités ou demandés. (« Tu devrais… » etc.) Certaines attitudes sont généralement reconnues comme des freins à une écoute empathique :

==> Donner son avis sur une souffrance, chercher à l’interpréter : « Tu ressens ça parce que… »

==> Se mettre en avant ou se prendre pour exemple : « Moi à ta place, je ferais… »

==> Invalider les émotions de celui qui souffre : « Mais non, tu ne devrais pas penser/ressentir cela… »

==> Émettre des critiques sur sa situation : « Je t’avais bien dit que… »

==> Chercher à résoudre le problème à la place de la personne qui peut conduire à inférioriser son interlocuteur ou à prendre le pouvoir sur le lui et sur sa souffrance.

Pour aller plus loin...

L’écoute, en particulier dite « active », est une méthode communication inspirée des travaux de Carl Rogers, un psychologue américain humaniste dont la vision s’est répandue à travers le monde : pour lui, l’être humain a en lui toutes les ressources nécessaires pour faire face aux difficultés de la vie. Pour aller plus loin, nous vous invitons à vous référer à ses ouvrages.

En position d’écoute, nous ne craignons plus de n’avoir pas les bons mots à tout instant et nous prenons conscience que cette posture est « aidante » par nature.

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