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DÉCISION : NON, je ne me laisserai pas dicter de retourner « comme avant »

A toi qui vagabondes sur LinkedIn à la veille officielle du déconfinement. A toi qui t’interroges sur demain et peut-être même sur après-demain. A toi qui te demandes si « tout reviendra comme avant ».

Mon cher lecteur,

Si je prends la plume aujourd’hui pour t’écrire cette lettre c’est pour t’en faire la promesse : pour moi, et pour ma société, cela ne sera PLUS JAMAIS comme avant.

L’histoire d’un co-vide

Je ne vais pas refaire l’histoire… Des mois que tournent en boucle les informations sur le sujet et je trouve inutile de rentrer dans une quelconque polémique.

Peu importe le pourquoi : la vie est un apprentissage. Et chacun choisit le regard qu’il porte sur un événement, comme il en choisit les enseignements.

Les contraintes (elles furent nombreuses et violentes) de ces 6 semaines sont à présent derrière nous. Il est l’heure de choisir ce que nous en retenons. Pour ma part, j’ai décidé de retenir deux choses de cette période. D’une, que nous sommes capables d’un incroyable pouvoir d’adaptation. De deux, que notre société est belle.

Cela te surprend ? C’est tout simplement que je me suis prêtée à un exercice. Quand on tentait de déshumaniser notre Société en braquant les projecteurs sur le pire, je regardais l’autre pièce qui se jouait.

Un autre décor où les masques tombaient. Un monde rempli de solidarité et de simplicité : des artistes chantant sans maquillage depuis leurs salons, des voisins s’organisant en oubliant leurs différences, des salariés s’humanisant. Sans artifice pour paraitre, on était enfin dans l’être. De simplement humains qui, au mieux, étaient enfermés.

Une transformation intérieure

Je n’ai pas été bien bavarde ces dernières semaines. Tu as noté cette curiosité quand par des poèmes je me suis exprimé.

J’ai réfléchi au monde avec poésie, peut-être par pur instinct de survie… J’espère que tu ne m’en veux pas si je t’ai éconduit.

J’ai refusé de répondre à toutes les interviews sur la vision du monde d’après. On se hâte si souvent de parler…

Pour ma part, je vivais. Je vivais les transformations qui s’opéraient en moi. Et j’écoutais. J’écoutais la société quand on voulait la théoriser.

Cher ami, je te l’assure. Divorces, prises de conscience, réflexions, chacun a vécu des révolutions. Tu te dis sûrement que certains y ont échappé… mais enfermé, c’est face à ses interrogations que chacun s’est retrouvé. Oui, même ton collègue narcissique ou ton patron tyrannique. La seule différence réside dans les conclusions qu’ils en tirent. C’est souvent pour cette raison qu’on voit fleurir cet objectif : revenir comme avant en évitant les questions.

Une réalité différente

Personne n’a vécu la même réalité. Des salariés en télétravail littéralement pressurisés à ceux qui d’inutiles furent qualifiés. Des contextes familiaux plaisants aux environnements stressants. Des couples qui se sont découvert quand d’autres ont préféré se défaire.

As-tu remarqué cette curiosité ? En fonction de nos métiers, en fonction de notre secteur d’activité, en fonction de nos régions nous allons reprendre plus ou moins facilement… Nous allons vivre une multitude de réalités parallèles. Bien sûr, elles existaient déjà, mais c’est une première qu’elles s’adossent à des révolutions intérieures.

C’est (entre autres) pour cette raison que le moment est formidable pour décider et peut-être enfin s’écouter, quand nul autre ne peut juger.

Pas de retour à l’anormal

Je dois bien t’avouer que quand des médias nous disent que cela va revenir « comme avant » je n’y crois pas. Je comprends que certains journalistes ne se soient pas arrêtés et aient continué « comme avant » à aller sur les plateaux pour nous analyser.

Mais nous, soignants, salariés, maçons, patrons, entrepreneurs, notre quotidien a été ébranlé. On dit que 21 jours suffisent à changer une habitude, alors imagine 50 !Nous nous sommes sentis utiles ou inutiles. Et il est de notre responsabilité individuelle de le réaliser et d’oser le dire.

Un « grand » financier me disait récemment « si on dit qu’il y a un crac boursier il y a un crac, si on dit qu’il y a une reprise, il y a une reprise ». N’a-t-on pas compris le poids des mots dans le récit collectif ? Si on laisse aux autres le soin de dire qu’il y aura un retour à l’anormal, il existera.

Et c’est ce qu’on a probablement le plus oublié. La responsabilité. La responsabilité qu’on de sa vie et de son récit.

Prendre la décision de changer

Je m’égare dans 1000 pensées…. Revenons au sujet.

J’ai toujours évoqué qu’il fallait incarner ce que l’on disait. Ainsi, plutôt que théoriser le monde d’après, j’ai préféré m’introspecter (ce mot n’existe pas, je sais). D’autant que je trouve que c’est faire preuve de bien peu d’humilité que de dire de quoi demain sera fait sans y participer.

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour prendre acte devant toi de changer.

Je m’appelle Catherine et je ferai tout pour FAIRE MIEUX qu’avant, je ne reviendrai pas « comme avant ». Notre petite société va changer : pas par la contrainte mais par l’envie de participer à une Société un peu plus chouette.

J’ose te le dire : je n’ai vraiment aucune idée de ce à quoi demain va ressembler mais je veux y contribuer et je suis certaine que cela passe par changer radicalement ma manière de penser.

Tu le sais, j’ai grandi avec des grand-parents agriculteurs et c’est peut-être un peu plus de « bon sens paysan » que je vais chercher.

Concrètement, nos activités ne vont pas changer mais nos modes de vie oui. Nous retournons à l’essentiel. Le bureau parisien ferme pour ouvrir un lieu de vie, plus inclusif au vert. Cela faisait longtemps que l’équipe de l’optimisme rêvait de plus de proximité avec la terre mais nous ne sautions pas le pas. Trop « hors cadre », pas notre sujet principal…

En réalité, le digital nous le permet et c’est ce que ce covide nous a prouvé. Pour toi qui me lis, cela ne changera pas grand chose sauf que j’espère que tu viendras nous voir quand ce tiers-lieu aura ouvert en Normandie.

C’est encore un nouveau saut dans le vide. Tout est à refaire avec la belle équipe de l’Optimisme parce que c’est ensemble que nous écrivons une histoire.  Nous allons expérimenter une nouvelle façon de penser l’entreprise. Dans une société qui ne compte qu’avec l’argent, nous allons compter avec quelque chose dont la valeur est inestimable : les moments de vie que l’on partage. 

Il n’est plus l’heure de parler du monde de demain, il est l’heure de le vivre. Nous sommes si nombreux àblâmer la société, mais NOUS SOMMES la société. Et nous avons chacun la possibilité de décider.

Une question de choix

C’est curieux mais j’ai l’impression de m’affranchir… Je n’ai jamais réussi à rentrer dans le moule et cela ne semble pas s’améliorer, surtout quand on m’a donné le temps de penser.

Les autres feront bien ce qu’ils veulent, mais pour ma part, je ne laisserai pas les autres me dicter ce à quoi doit « conventionnellement » ressembler une entreprise. 

Vu les dégâts créés dans bien des sociétés, je ne crois plus dans les systèmes imposés. Mais j’ai foi dans les salariés qu’on a si souvent relégués au rang de simples « employés ». Je ne saurai te dire à quel point j’ai de l’estime pour mes équipes mais aussi pour tous ceux avec nous travaillons qui sont bel et bien des âmes pleines de créativité et d’intelligence. Et c’est ensemble que nous allons inventer. 

Nous allons donc expérimenter

Cette lettre peut te paraitre décousue et je m’excuse. Parfois, le cœur parle avant les mots et il me semblait important d’ancrer et d’encrer mes engagements. Parce que demain, j’entre dans une nouvelle ère avec un nouvel air. Et que cela te donnera peut-être, à toi aussi, envie de dire que tu refuses un retour à l’anormal.

Ô, ne t’en fais pas si ce n’est pas aujourd’hui mais demain. Je le sais, cela demande du courage… Cela implique en ricochet des dizaines de décisions familiales, de peurs à surmonter, de normalités à quitter.

Il y a un an, Eva qui travaille dans l’équipe m’avait demandé quelle vision j’avais de notre entreprise dans un an. J’avais répondu sans réfléchir « aucune idée, je veux simplement que ce soit dans la joie ». Finalement j’avais bien fait de ne pas spéculer…

Parce que la seule chose qu’on ne nous enlèvera pas, c’est la joie d’avoir vécu et d’avoir vécu dans la joie.

Beau dimanche soir à tous,

Catherine

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