Comment lâcher prise ? C’est la question qui revient sans cesse quand j’échange avec les lecteurs de L’Optimisme sur Instagram. Dans une vie où l’on court à 100 à l’heure, tout le monde n’a pas la capacité de « faire le vide ».
Longtemps, j’ai cru que cette capacité était celle des sages. Pour ma part, j’avais encore bien du chemin à parcourir. S’il fallait faire une métaphore, mon cerveau ressemble à un navigateur internet avec des dizaines d’onglets ouverts en permanence : la prochaine conférence à préparer, cette personne à rappeler, la réunion à faire avec l’équipe, cette idée que je suis impatiente de mettre en place. En gros, des dizaines de sujets pros et persos à « dompter ».
Mon cerveau ressemble à un navigateur internet avec des dizaines d’onglets ouverts en permanence : la prochaine conférence à préparer, cette personne à rappeler, la réunion à faire avec l’équipe. Et ce n’est pas fini.
Très longtemps, j’ai lu ces articles qui invitent à lâcher prise en me disant « impossible pour moi ». À quel moment me poser ? Je pensais perdre un temps précieux, et c’est justement ce dont je manquais le plus. Et pourtant.
Comment allais-je réussir à mener de front vie pro et vie perso si je ne m’offrais pas de bulle de respiration ? Comment allais-je ne pas m’effondrer de fatigue ? Mais dans l’agitation du quotidien, comment faire, surtout quand on est de nature quelque peu hyperactive ?
C’est quand on a confiance, c’est quand on lâche prise que la magie arrive.
Sommaire
Lâcher prise en s’autorisant l’imperfection
Personne n’atteint tous ses objectifs en même temps
Je ne suis pas parfaite, vous n’êtes pas parfaits, nous ne sommes pas parfaits. Une fois qu’on le sait, qu’on l’assume, on va déjà un peu mieux. Personne n’arrive jamais à atteindre tous ses objectifs en même temps.
Tout le monde, absolument tout le monde, a sa zone d’imperfection.
Donc non, vous n’arriverez pas, de front, à lancer le projet exactement comme vous le visualisez dans 10 ans. Non, vous n’arriverez pas à être parfait·e pour l’ensemble des membres de votre famille. Non, vous n’arriverez pas à finir votre TODO géante dans la journée.
C’est normal. Nous sommes tous pareils. Faites sauter cette recherche de la perfection et assumez : « j’ai fait de mon mieux ».
La règle 8-8-8 de mon mentor
Lors de ma première rencontre avec mon mentor, son conseil fut limpide : « 8h de travail, 8h pour toi, 8h de sommeil ». Vraiment ? Moi qui trouvais que le projet n’avançait jamais assez vite, qu’il fallait que je bosse toujours plus, avec un sentiment de culpabilité qui pesait en permanence sur mes épaules.
Une sorte de mauvaise conscience m’envahissait non-stop. Le jour où j’ai décidé de faire de mon mieux dans le temps imparti à chacune de ces activités, je me suis foutu la paix et j’ai arrêté d’observer en permanence toutes mes imperfections et tout ce que je n’avais pas réussi à faire.
Lâcher prise en couchant ses pensées sur papier
Le bavardage intérieur, cet épuisement invisible
Soyons honnêtes, le soir venu, ce qui se balade dans notre tête, c’est bien souvent une sorte de bavardage entre nous et nous.
On rumine le fil de la journée : « j’aurais dû dire ça, cela aurait été plus intelligent ». On invente des scénarios qui n’arriveront sans doute jamais : « et si jamais ceci arrivait ? ». Ou alors on déroule sa « liste de trucs à faire », encore et encore, au lieu de dormir.
Changer s’éduque et se travaille. Voici deux gestes simples pour y parvenir.
La méthode d’écriture en 2 temps
Dès que vous sentez que vous partez en divagations et en hypothèses sur le futur, remarquez-le. Posez-vous la question : « suis-je madame Irma ? Pourquoi suis-je en train de créer un scénario catastrophe ? ».
Dès qu’une idée créative arrive, couchez-la sur papier et classez-la. L’enthousiasme aussi peut vous brouiller le cerveau et vous empêcher de dormir.
De mon côté, j’ai fini par vider mon cerveau des scénarios catastrophes. Mais j’ai toujours cette avalanche d’idées qui débarquent : pour le livre, pour des articles, pour des conférences. Si elles restent dans ma tête, je les déroule en boucle, sans jamais passer à l’action.
En les couchant sur papier, elles « existent ». Et je me rappelle qu’il faut y revenir au moment opportun (qui n’est probablement pas entre 3 et 4 heures du matin).
Lâcher prise grâce à la méditation
Les clichés méditation à oublier
Je vous entends de là. On ne parle plus que de ça. La tendance yoga-méditation semble faire vendre. Autant vous le dire tout de suite : au démarrage, cette philosophie et moi, c’était deux mondes opposés.
Le côté « zen, bobo avec tapis de yoga et jus de goyave », ce n’est pas trop mon truc. Disons que je suis plutôt à aimer me retrouver avec les potes autour d’une bonne bouffe, si on peut rigoler c’est encore mieux.
Ce diktat de la méditation, j’en avais un peu marre, convaincue qu’une version trop jusqu’au-boutiste ne parlerait jamais à la majorité des gens. Mais j’ai quand même essayé. Avec mes nouvelles résolutions 8-8-8, j’avais enfin du temps pour expérimenter. Et s’il fallait lâcher prise, la méditation devait faire partie de la solution.
J’ai expérimenté, en commençant par des méditations sur YouTube. Si certaines étaient très bien, d’autres étaient carrément gourouesques.
Mes applications testées
J’ai ensuite testé les applications, et c’est par là que je vous conseille de commencer. Il y a Headspace en anglais (que j’ai utilisée longtemps), et pour le français, je recommande Petit BamBou.
L’avantage, c’est qu’elles sont « calibrées » : il s’agit d’un très bon premier pas en la matière.
Où méditer en vrai
Évidemment, pas question de s’asseoir en tailleur au milieu du bureau. Mais ces applications permettent de « se mettre dans une bulle » dès qu’on trouve un moment.
Pour ma part, je le fais le soir. Et dans les transports. Rien de tel que d’utiliser l’appli dans l’avion (où globalement il ne se passe jamais grand-chose), voire dans les trajets en train. Un casque sur les oreilles et hop : rendez-vous dans une bulle hors du temps.
Pour conclure
Lâcher prise ne se décrète pas, ça se cultive, un petit geste à la fois. S’autoriser l’imperfection, coucher ses pensées sur papier, tester quelques minutes de méditation guidée : trois chemins différents qui mènent au même endroit, la paix intérieure.
Choisissez-en un, testez-le pendant trois semaines. Si un jour ce n’est pas suffisant, n’oubliez jamais qu’un professionnel peut vous accompagner. Vous n’êtes pas seul·e, et vous avez le droit de demander de l’aide.
Prenez soin de vous, et donnez-vous le droit d’en faire un peu moins. Vous en ferez mieux.
Vous avez une histoire inspirante, un conseil qui a changé votre vie ou une ressource que vous adorez ? On veut tout savoir.
etsionsouriait@loptimisme.comSources & inspirations
- Testa C., Osez l’optimisme ! 10 clés pour réenchanter votre quotidien, Michel Lafon, 2017.
- Kabat-Zinn J., Au cœur de la tourmente, la pleine conscience, J’ai Lu, 2014.
- Application Petit BamBou · 8 méditations gratuites pour débuter.

