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« Face au soin » : un programme d’accompagnement pour les aidants

Face au soin un programme d’accompagnement pour les aidants

Découvrant les défis de l’aidance par sa propre expérience, Sarah Moreau a créé « Face au Soin », un programme en ligne offrant soutien, outils et communauté aux aidants. Son histoire personnelle, imprégnée de résilience et de compassion, inspire un esprit d’entraide et de soutien au sein de cette communauté souvent silencieuse. Dans cette interview, Sarah partage son parcours, les défis des aidants, et l’importance de reconnaître leur rôle. À travers « Face au Soin », elle apporte une lueur d’espoir et des solutions concrètes pour préserver la santé des aidants tout en prodiguant leurs soins à leur proche. 

Peux-tu nous parler de toi et nous dire qu’est-ce qui t’a amenée à créer « Face au Soin », un programme d’accompagnement des aidants ?

Bien sûr ! Connaissant personnellement l’expérience d’aidante, j’ai été confrontée aux défis émotionnels et pratiques que cela implique. C’est ce qui m’a amenée à créer Face au Soin, un programme de répit en ligne dédié aux aidants, pour leur offrir du soutien, des outils et une communauté de partage.

Il y a quelques années, je vivais une existence équilibrée entre une carrière et une vie personnelle épanouissante. J’avais déjà découvert le yoga, qui était pour moi, à la base, une simple pratique physique pour évacuer le stress du métro-boulot-dodo mais que je décide d’approfondir lors d’un séjour de perfectionnement dans un Ashram en Inde. Cependant, le diagnostic de maladie d’un être cher me propulse dans le rôle d’aidant du jour au lendemain. Face à cela, ma pratique de yoga prend une nouvelle dimension car c’est un outil d’aide considérable pour faire face.

Confrontée au burnout de l’aidant, je crée « Face Au Soin« , un podcast pour mettre des mots sur les maux de ceux qui prennent soin d’un proche et une approche holistique, pour accompagner et soutenir ceux qui vivent des situations similaires imposées par la vie.

En effet, appréhender ses émotions dans une épreuve si particulière est essentielle pour se traiter avec compassion et bienveillance et vivre ce rôle auquel nous n’avions pas postulé.

Le programme En Vie est né avec des séances de coaching personnalisé pour les aidants et de remise en mouvement progressive pour se reconnecter à son corps et son esprit, tant malmenés.

Qu’est-ce que veut dire le mot d’« aidant » ? Qui sont-ils aujourd’hui en France ?

Il existe une définition officielle : C’est une personne qui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne d’une personne en perte d’autonomie, du fait de l’âge, de la maladie ou d’un handicap.

En France, ce sont souvent des proches, famille ou amis, qui endossent ce rôle, sans forcément de reconnaissance officielle ou de formation préalable.

Ils sont des millions, à offrir leur soutien sans même parfois s’en attribuer le titre. Car être aidant, pour beaucoup, c’est juste une extension naturelle de leur affection, de leur rôle de parent, de conjoint, d’enfant. Et parfois, certains s’éloignent de ce terme, par crainte du jugement ou de l’étiquette qui pourrait les suivre dans leur environnement professionnel.

Et même si le rôle d’aidant n’est plus à jouer, l’empreinte de cette période reste souvent gravée dans leur vie, influençant leur parcours professionnel et personnel de manière indélébile.

Quelle est, selon toi, la place que la société donne aux aidants ? En quoi est-ce un sujet d’actualité ?

La société commence seulement à reconnaître l’importance des 11 millions d’aidants en France, bien que leur rôle reste souvent invisible. La population vieillissante et l’augmentation des maladies chroniques placent de plus en plus de personnes en situation de dépendance. Les aidants ont des droits qui commencent à être reconnus, comme le droit au répit et à certaines aides, même si beaucoup reste à faire.

D’ailleurs, dans le cadre de la stratégie de mobilisation et de soutien pour les aidants 2023-2027, le gouvernement a prévu la création de 6 000 places de répit pour soulager les aidants.

Par ailleurs, selon le dernier rapport d’Interfacia, plus de 30% des aidants doivent démissionner pour assumer leur rôle. Pour contrer la précarité souvent associée au rôle d’aidant, une mesure envisageable serait d’offrir des aides tout aidant lançant sa propre entreprise. Ceci permettrait aux aidants de gérer leur activité avec souplesse tout en restant disponibles pour leurs proches.

Quels sont les principaux défis auxquels tu fais face en tant qu’aidante ?

Les principaux défis comprennent la gestion du stress, l’équilibre entre les soins et la vie personnelle, et souvent un sentiment d’isolement. Il est également difficile de se retrouver dans le système de santé pour obtenir l’aide nécessaire.

De plus, l’incompréhension est grande de la part de l’entourage lorsque la vie est en décalage à un moment où tout le monde poursuit des projets de vie : carrière, mariage, enfants, organisation de la retraite.

Chaque personne, à chaque âge, avec chaque type de maladie et chaque lien avec la personne malade, est confrontée à des enjeux et des défis personnels et financiers différents et totalement disparates, ce qui rend le sujet des aidants si complexe et difficile à gérer globalement.

Tu soulignes l’importance de trouver un équilibre en tant qu’aidant et de préserver sa propre santé. Aurais-tu quelques stratégies personnelles à transmettre aux aidants qui se reconnaîtront dans ton parcours ?

Tout à fait, on le sait tous, mais c’est difficile à faire car le poids de la culpabilité de s’occuper de soi alors que l’autre souffre est immense.

La première étape est de ne pas hésiter à demander de l’aide professionnelle en santé mentale quand c’est nécessaire.

La seconde consiste à se laisser du temps. Voir une des personnes que l’on aime le plus au monde, souffrir physiquement, est très dur, peut-être l’une des choses les plus difficiles auxquelles la vie puisse nous confronter.

Peux-tu nous parler de Face au Soin ? Comment accompagnes-tu les aidants de ta communauté ?

À travers Face Au Soin, je mets à disposition des ressources sur notre compte Instagram @face_au_soin, avec un épisode de podcast hebdomadaire, une newsletter et des ebooks. Tout cela vise à aider à se sentir un peu moins mal à l’aise dans ce rôle auquel personne ne nous prépare.

Pour ceux qui désirent retrouver leur équilibre physique et mental tout en embrassant ce rôle, le programme en ligne « En Vie », propose des séances de mouvements et d’auto-coaching se concentrent sur trois piliers essentiels : la gestion de la culpabilité, de l’impuissance et de la tristesse.

Pour ceux qui ont en besoin, je souhaite également les aider à créer un projet professionnel qui a du sens pour eux.

Qu’est-ce que ce rôle d’aidante a changé dans ta vie et ton rapport au monde ?

Ce rôle a approfondi ma compassion et ma compréhension des intrications de la nature humaine, enrichissant ma vision des priorités de l’existence.

Néanmoins, confrontée à la maladie et à la fragilité d’un être cher, cette période de vulnérabilité intense et d’anxiété a ébranlé mon enthousiasme naturel et ma confiance en la vie.

Convaincue que je ne pouvais pas vivre jusqu’à la fin de ma vie de dans cet état mental, j’ai redécouvert qu’il était possible de trouver le bonheur, de réaliser ses rêves et de partager ses talents uniques avec le monde, même en prenant soin d’un proche devenu vulnérable.

Aurais-tu un moment ou une anecdote inspirante à nous raconter depuis la création de Face au Soin ?

Un jour, un participant, a décidé d’appliquer nos techniques de gestion de stress à… son ordinateur lent. À chaque fois que l’écran de chargement apparaissait, au lieu de taper du pied, Marc prenait une grande inspiration et disait : « C’est un moment de pause offert. »

Il a fini par croire que son PC était devenu plus rapide grâce à ses encouragements. Bien sûr, on a ri en se disant que si seulement on pouvait booster la technologie avec un peu de positivité ! Cela nous a rappelé que parfois, l’attitude peut vraiment transformer notre expérience… même si elle ne change pas la vitesse du processeur !

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