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CONFIANCE : les autres définissent le prix qu’ils me payent

Confiance Catherine

Cher lecteur,

Aujourd’hui, j’ai envie d’évoquer un sujet un peu tabou, celui du prix qu’on me paye pour les conférences que je donne dans les entreprises. En France on n’aime pas parler argent, on n’ose pas, mais une des valeurs de notre entreprise étant la transparence, je l’ose.

Historique

J’ai toujours eu un problème à me donner un prix et globalement à donner un prix à ce que je faisais. Il parait qu’il s’agit d’un sujet récurrent chez les femmes entrepreneuses, peut-être. Si je le pouvais et si on me donnait des millions, je ferais exactement la même chose gratuitement. Et cette question de la “valorisation financière” est une question que j’ai tournée dans tous les sens. En quoi une journée de mon travail vaudrait-elle 100, 500, 1000 ou 5000 euros ? En quoi un prix est-il justifié ? Par rapport aux autres ? Par rapport au marché ? Par rapport à la notoriété ? Par rapport au temps ? En quoi une heure de mon temps vaut-elle plus qu’une heure du temps de quelqu’un d’autre ? La crise que nous venons de traverser a encore plus cristallisé cette question d’où mon article.

Des conférences

Une part de mon métier consiste à intervenir en conférences en entreprises. On m’invite à parler d’optimisme, à évoquer le parcours entrepreneurial d’auteure à entrepreneuse pour inviter chacun à agir que ce soit à l’intérieur de son entreprise ou dans son parcours de vie. Et bien sûr, à parler qualité de vie au travail. Parce que, j’en suis convaincue :

“On blâme la société, mais nous sommes la société”.

Aimant les gens, j’affectionne ce volet de ma vie ! Je rencontre toujours des personnalités incroyables et autant le dire, je suis intervenue dans tous les décors. Des entreprises les plus luxueuses nichées au cœur du territoire aux associations de femmes battues, des PME régionales aux grandes tours de la défense. Parce que l’optimisme est pour tous et avec tous.

Equité et confiance

Etant très mal à l’aise quand il fallait donner un prix, depuis deux ans, j’ai choisi un curieux mode de fonctionnement : laisser les autres choisir ce qu’ils me payaient.

Parce que je crois que dire qu’une conférence vaut tant d’euros est totalement illusoire. On pense par le seul enrichissement pécunier mais il existe d’autres formes d’enrichissements : les rencontres, les apprentissages, les émotions partagées, etc…

Aujourd’hui ce sont mes interlocuteurs qui fixent mon prix. Cela déroute souvent : « vous me payez ce qui vous semble juste ». De cette expérience, j’ai découvert la fragilité de mes interlocuteurs se sentant souvent démunis ou ayant peur de paraitre indélicats. Combien de personnes m’ont contactée en s’excusant d’avoir « un petit budget »? Je leur dis toujours que si c’est ce qu’ils ont l’habitude de payer les autres, cela me va.

Cette solution me paraît la plus équitable et je dois bien avouer m’économise du temps de négociation, de pondération, etc… Je le dis à mes interlocuteurs : où que j’aille, j’y vais avec la même joie, le même goût des rencontres. Simplement parfois on ne me paye pas du tout, parfois on me paye très cher. Mais c’est parce que de grandes entreprises me payent cher que je peux me permettre d’aller gratuitement ailleurs.

Et j’explique le pourquoi des conférences : elles font partie intégrante de notre modèle économique. L’argent ne va pas dans mes poches (je suis fan de street art et j’aimerais m’acheter des œuvres d’art, mais ce n’est pas le cas !). L’argent participe au financement de pas moins de 5 salaires en plus des prestataires que nous payons. Notre petite entreprise crée des emplois et nous participons, à notre échelle, à la vie économique.

Transparence et confiance

Alors on se dit que ce mode de fonctionnement est risqué. En l’occurrence tout le monde peut me proposer 0 euro à la suite de cet article. C’est vrai. Et j’accepterai si l’agenda le permet. Mais je crois dans des valeurs comme la confiance et la transparence. Et il me semble important d’oser les incarner.

J’ai confiance en mes interlocuteurs pour me proposer ce qui est juste et ce qu’ils peuvent allouer comme budget en interne, fonction de 1000 paramètres qui me dépassent.

Vous vous demandez sûrement si on m’a déjà « roulée » ? Financièrement c’est possible mais je ne pense pas (si je compare avec les autres intervenants). Afficher une vulnérabilité fait que probablement on a moins envie d’ « entourlouper » pour quelques euros invisibles à l’échelle d’une grande entreprise. Mes interlocuteurs et leurs entreprises savent qu’ils participent de facto au projet (je ne sais pas à quel moment, cela rentrera dans un rapport développement durable!)! Enfin, comme je n’ai pas de valeur définie, je ne peux pas me sentir déçue 😉

Une chose est certaine : notre entreprise n’aura de cesse d’explorer de nouveaux modèles et de les incarner. Cela fonctionnera ou ne fonctionnera pas, mais nous aurons cherché à inventer des systèmes qui nous paraissent plus équitables : le but reste pour nous de mettre en avant les initiatives positives sur le territoire et de participer ainsi à un changement global de société.

Je vous souhaite une belle journée ! 

Si vous avez des remarques, je suis preneuse 🙂

Catherine

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